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Il a dit ... que des bêtises !

 

le 16 février 2009

Il a dit ... que des bêtises !


Nicolas Sarkozy a estimé le 14 février 2008 à Val d’Isère, pour assister aux Mondiaux 2009 de ski  qu’il n’avait pas à "se plaindre d’avoir à gérer la crise du siècle", lors d’un déplacement alpin.

"Moi, je n’ai pas à me plaindre d’avoir à gérer la crise du siècle et d’avoir à trouver des solutions. Parce que ce n’est pas tout le monde qui a à assumer ces responsabilités, c’est pour ça que je me sens de cette famille de sportifs", a déclaré le chef de l’Etat
"Ma situation est moins difficile que ceux qui se trouvent sans emploi", a-t-il ajouté. "Nous, on n’a pas à se plaindre d’être au départ d’un championnat du monde et d’avoir toutes les espérances d’un pays, c’est pas tout le monde qui peut vivre ça", a-t-il poursuivi.

La réflexion à se faire est : sait il skier pour vouloir faire les championnats du monde ? parce que question économie il a eu tout faux !

La preuve ?? Très simple il suffit de se reporter à son intervention télévisée du 5 février 2008. J’avais déjà fait référence à quelques effets d’esbroufe lors de cette émission. Puis je me suis mis à douter sur des affirmations, des choses évidentes.
J’ai donc cherché à vérifier l’information et j’ai compris que vraiment on était mal barré. C’est même inquiétant ! La désormais célèbre formule « casse-toi pauvre con » pouvait être appliquée à la lettre. J’en suis triste.
 

La Grande Bretagne a décidé de soutenir la consommation en baissant la TVA de 2,5 points. Pourquoi le président Sarkozy, lui, a-t-il exclusivement "parié" sur l’investissement ?
En voici les raisons : "Si les Anglais ont fait cela, répondit-il, c’est parce qu’ils n’ont plus d’industrie, à la différence de la France (…). Les services pèsent pour 15% du PIB anglais. Ils pèsent pour 3% du PIB français. Tant mieux. (…) Gordon Brown ne peut pas faire ce que j’ai fait avec (…) un certain nombre d’industries parce qu’ils n’en ont plus".

L’ironie
veut que l’industrie pèse exactement le même poids dans le PIB des deux côtés de la Manche, soit 12,6% selon l’OCDE. Quant aux services, ils occupent en France une part prépondérante du PIB : 77,3% - et non pas 3% ! Cela place la France au deuxième rang derrière le Luxembourg parmi les trente pays de l’OCDE, devant les Etats-Unis et… le Royaume Uni (76,2% et non pas 15%).
 

Se tromper sur l’analyse à ce point et dans de tels ordres de grandeur me stupéfait. Il a été ministre de l’économie pourtant. Il persévère à marquer son opposition à une baisse de la TVA en se gaussant d’un échec britannique. "Le jour où les Anglais ont décidé de réduire de deux points la TVA [c’est 2,5 point en fait, mais le président n’est pas à cela près], un certain nombre de responsables politiques se sont précipités pour dire : C’est ce qu’il faut faire. La consommation, depuis, en Angleterre, non seulement n’a pas repris mais elle continue à baisser".

On se demande bien d’où lui vient cette certitude. L’Office for National Statistics a publié le 23 janvier des chiffres indiquant le contraire. Au Royaume Uni, la consommation des ménages en produits manufacturés s’est accrue de 2,6% de novembre à décembre 2008 et de 4,3% de décembre 2007 à décembre 2008. Selon l’INSEE,  on enregistre en France une baisse de la consommation de -0,9% de novembre à décembre
2008, de -1,7% de décembre 2007 à décembre 2008.
Le Président l’ignorerait-il ?
Se tromper une fois, passe ! Mais deux fois c’est beaucoup, d’autant que cette affirmation a été reprise entre autres par la presse.

Cette fois en gadget, notre Président a ressorti le fameux partage idéal des profits des entreprises en trois tiers : un pour les investissements, un pour les actionnaires et un pour les salariés. Je pense que l’Etat devra prendre le 4eme tiers.
Bon admettons qu’il s’agisse des profits après impôts. Cela ne donne pas plus de sens à cette proposition. La preuve vous la voulez ?

A partir des comptes nationaux de 2005 et, pour la même année, les entreprises non financières avaient fait 207 milliards d’euros de profits hors taxes ainsi répartis :
-70 milliards pour les actionnaires,
-123 milliards pour l’autofinancement des investissements,
-14 milliards pour les salariés.  

Les actionnaires ont donc perçu, d’ores et déjà, le tiers que Nicolas Sarkozy leur destine. Pour rééquilibrer le reste, selon le cocktail présidentiel, il faudrait diminuer la part consacrée aux investissements de 56 milliards et augmenter d’autant la part de salariés.


Une telle option a-t-elle le moindre sens, pour qui prétend relancer l’activité par l’investissement ? Evidemment non ! Y’a comme un problème !

Auteur : Eric GALDEANO    aucun commentaire Ajouter un commentaire et voter Vos votes : Aucun vote
     
 
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