|
le 05 janvier 2009
Les milliards tombent du ciel
On peut penser que les milliards tombent sur l’économie réelle comme la neige et le verglas en ce moment. 26 Milliards d’euros seraient injectés dans l’économie française à l’initiative de notre gouvernement. Il s’agit là d’un plan de relance que le Président a voulu "ambitieux, audacieux et imaginatif". Ces 26 milliards d’euros annoncés représentent 0,7% du PIB par an. Ils sont à comparer avec les 2,5% du plan de relance américain. Lors d’un discours à Toulon, en septembre 2008, Nicolas Sarkozy avait - à juste titre - souligné l'ampleur de la crise financière et de ses conséquences prévisibles sur l'économie réelle : "dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat". Le lendemain, le gouvernement présentait un budget de rigueur pour 2009, avec des dépenses publiques en baisse, une fois l'inflation déduite, et même des budgets de l'emploi et du logement en baisse tout court, en valeur nominale. 
Mais alors, dans un contexte de restriction budgétaire d’où viennent les 26 milliards du plan de relance ? Chose certaine ces dépenses supplémentaires amèneront le déficit de la France à 4% au lieu des 3,1% initialement prévus. On sait également la manière dont ils seront dépensés.
- 10,5 milliards à l’investissement dans des programmes d’équipement en particulier pour les entreprises publiques comme La Poste et EDF. - 11 milliards serviront à un remboursement anticipé aux entreprises des dettes de l’Etat (crédit d’impôt pour la recherche, TVA, etc.) - 700 millions seront consacrés au financement d’une nouvelle mesure : toute nouvelle embauche dans une entreprise de moins de 10 salariés sera exonérée de charges patronales, pour les salaires allant jusqu’à 1,6 fois le Smic. - 760 millions serviront à la prime de solidarité active. - 600 millions attribués à la construction ou l’acquisition de 70 000 logements sociaux supplémentaires et au financement du prêt à taux zéro. - 220 millions iront dans une enveloppe destinée à la prime à la casse pour l’achat d’un véhicule émettant moins de 160g/km de CO2, ce afin de soutenir l’industrie automobile française. Il y a souvent contradiction entre le budget 2009 et les perspectives du plan de relance.
La seule mesure efficace a été celle de trouver un emploi à Patrick DEVEDJIAN, ministre avec zéro euro de budget et spécifiquement dédié à l’exécution du plan de relance. On est donc sur des faux semblants tout le long. Reste à savoir quelle tournure notre plan de relance à la française prendra-t-il ?
|